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Assurance vie INVESTISSEMENTS

Comment trouver la bonne allocation pour votre assurance vie ?

L’assurance vie procure beaucoup d’avantages à son possesseur. En effet, ceux-ci sont à la fois fiscaux et en termes de transmission de patrimoine. Cependant, il n’est pas toujours facile de trouver la bonne allocation pour votre contrat d’assurance vie. Cet article vous permet de sélectionner celle qui correspond à votre profil d’investisseur.

L’assurance vie est un placement populaire dans l’hexagone. En effet, d’après une enquête de l’INSEE réalisée entre 2020 et 2021, celle-ci arrive en deuxième position derrière le livret A. En effet, 40,5% des ménages français possèdent au moins 1 contrat d’assurance vie. Retrouvez ici l’enquête complète.

Néanmoins, l’allocation de votre assurance vie à 100% en fond en euros n’est plus judicieuse pour faire fructifier votre capital. En effet, au moment où j’écris ces lignes, son rendement est inférieur à celui du livret A. Même si vous n’avez pas trop le goût du risque, vous serez amené à utiliser des unités de comptes pour dynamiser votre contrat.

À mon sens, une bonne répartition est primordiale afin d’optimiser la rentabilité tout en diminuant les risques. En effet, ces derniers sont liés au rendement : plus un investissement et rentable, plus il est risqué. L’objectif étant de faire fructifier votre capital et non de le faire fondre, sa répartition doit être équilibrée et cohérente.

À titre d’exemple, je vous donnerai l’allocation que j’ai choisie pour mon contrat d’assurance vie. Cela vous permettra d’illustrer concrètement mes propos.

L’objectif de cet article est que vous compreniez l’importance de la répartition de votre capital. Cependant, je ne vous donnerai pas un portefeuille « prêt à investir » à copier. En effet, la répartition me correspondant ne vous sera peut-être pas adaptée. Vous devez avant tout en comprendre le principe.

L’assurance vie

L’assurance vie est un support d’investissement que j’affectionne beaucoup. En effet, j’en tire une rentabilité relativement bonne sans trop fournir de travail. Cela me demande quelques heures de réflexion par an, ce qui en fait un placement passif.

De plus, l’assurance vie propose des avantages fiscaux non négligeables. Effectivement, après les 8 ans de votre contrat, vous bénéficiez d’un abattement de 4600 € (ou 9200 € si vous êtes 2 dans votre foyer fiscal). De ce fait, vous pouvez retirer tous les ans la part de capital correspondant à 4600 € (ou 9200 € si vous êtes 2) de plus-values sans payer d’impôt sur le revenu. De plus, au-delà de cet abattement, vous profitez d’une fiscalité avantageuse si la totalité des fonds investis en assurance vie ne dépassent pas 150000 €. Dans le cas contraire, vous êtes assujetti à l’imposition au PFU.

Mais, ce n’est pas tout ! En effet, votre contrat d’assurance vie est un excellent moyen de transmettre votre capital. Toutes les sommes versées avant vos 70 ans et n’excédant pas 152500 € ne rentrent pas dans la succession. Après cet âge, les fonds versés entreront dans la succession, mais les plus-values générées sont exonérées d’impôt.

Ensuite, cet investissement, vous permet d’investir autant en bourse que dans l’immobilier grâce au grand nombre d’unités de compte qu’il propose. Ainsi, vous pouvez vous constituer un portefeuille diversifié, équilibré et qui vous correspond.

Cliquez ici pour en savoir (beaucoup) plus sur l’assurance vie, sa fiscalité et les supports qui lui sont éligibles.

Définissez votre profil d’investisseur

Avant de penser à l’allocation de votre capital sur votre contrat d’assurance vie, vous devez définir le niveau de risque que vous êtes prêt à prendre. Les conseillers en gestion de patrimoine et les banquiers appellent cela le profil d’investisseur.

Il en existe 3 :

  • Prudent : vous souhaitez prendre peu de risques, voire pas du tout. Vous privilégiez la protection de votre capital à la rentabilité. De ce fait, celle-ci sera proche de celle du fond en euros.
  • Équilibré : vous souhaitez diversifier votre portefeuille afin de bénéficier de rendements plus élevés sur le long terme. En contrepartie, vous acceptez de prendre quelques risques.
  • Dynamique : prendre des risques ne vous dérange pas. Vous priorisez le rendement à la protection de votre capital. Ce profil correspond souvent à des investisseurs expérimentés.

Pour simplifier les choses, il s’agit de déterminer quels risques vous être prêt à prendre dans votre investissement. Cependant, j’ai du mal avec le fait de vouloir absolument mettre les gens dans des cases. En effet, d’après le descriptif ci-dessus et dans les faits, je suis un profil dynamique. Alors qu’en réalité, je sélectionne tellement mes unités de compte et je prends tellement de sécurité que je ne m’identifie pas comme tel. Surtout que j’ai la psychologie d’un trader. C’est-à-dire, que je protège mon capital avant tout. C’est presque contradictoire avec les descriptions des profils d’investisseur.

Bien évidemment, votre profil d’investisseur peut évoluer et changer au fil du temps. Effectivement, si vous êtes jeune, vous pouvez être plus agressif qu’une personne à la retraite, car vos objectifs ne sont sans doute pas les mêmes. De ce fait, en prenant de l’âge, vous vous calmerez peut-être. Par ailleurs, si vous êtes débutant, vous pouvez prendre vos précautions au début, et prendre de plus en plus de risques à mesure que vous prenez de l’expérience.

Enfin, vous vous doutez bien que votre profil investisseur aura une incidence sur l’allocation que vous effectuerez sur votre contrat d’assurance vie.

Allocation en fonction de votre profil d’investisseur

Votre profil d’investisseur a inévitablement une incidence sur l’allocation que vous effectuez sur votre contrat d’assurance vie. En effet, pour un même capital de départ, la répartition sera totalement différente suivant les risques que vous êtes prêt à prendre. D’ailleurs, les rendements seront, eux aussi, différents. La rentabilité est proportionnelle aux risques que vous prenez. Cependant, la probabilité de perte augmente elle aussi. C’est une histoire de dosage et d’équilibre.

Prudent

Le profil prudent est le plus sécurisé. Ainsi, l’investisseur privilégie la protection de son capital au rendement. De ce fait, son choix porte majoritairement sur le fond en euros. Certains allouerons un peu de capital à des unités de compte afin de dynamiser un peu le rendement.

En profil prudent, vous pouvez allouer 20% de votre capital à des unités de compte. Dans tous les cas, je vous conseille de toujours diversifier votre portefeuille. C’est-à-dire que les 20% d’unités de compte peuvent être répartis entre des fonds obligataires, des fonds structurés, des OPCVM (FCP et SICAV), des SC, SCI, SCPI, etc. Personnellement, j’essaie d’équilibrer entre les UC boursières et les UC immobilières.

À titre d’exemple, voici une répartition adaptée à un profil prudent :

Graphique représentant l'allocation d'un portefeuille d'assurance vie d'un profil prudent : 80% fond en euros, 5% fond structuré, 5% fond obligataire, 5% SCI ou SC, 5% SCPI.

Dans cet exemple, vous voyez que bien que les unités de compte ne représentent que 20% du portefeuille, elles sont diversifiées et équilibrées. En effet, j’utilise 4 UC et celles-ci sont bien réparties entre valeurs boursières et immobilières.

Il ne s’agit que d’un exemple. Il existe énormément de possibilités d’allocations. À vous de trouver celle qui vous correspond en sélectionnant des UC avec un niveau de risque plus ou moins élevé. Dans tous les cas, n’investissez qu’en des actifs que vous comprenez.

Équilibré

Le profil équilibré est un compromis entre la rentabilité est la prise de risque. En effet, vous acceptez de prendre plus de risque qu’un profil prudent tout en préservant votre capital au maximum. Pour ce faire, vous diminuez votre part de fond en euros à 50% et vous investissez la moitié restante en unités de compte.

Tout comme pour le profil prudent, vous répartissez et équilibrez en utilisant des UC boursières et des UC immobilière. Vous choisissez parmi les différents fonds structurés, OPCVM, fonds obligataires, SCI, SCPI, SC, etc.

Voici, à titre d’exemple, une répartition correspondant à un profil équilibré :

Graphique représentant l'allocation d'un portefeuille d'assurance vie d'un profil équilibré : 50% fond en euros, 10% fond structuré, 10% fond obligataire, 5% FCP, 10% SCI, 10% SC, 5% SCPI.

Ce profil porte bien son nom. Effectivement, il est parfaitement équilibré car il comporte :

  • Une moitié de fond en euros pour la sécurité
  • Un quart en unités de compte boursières qui dynamise le portefeuille
  • Un quart en unités de compte immobilières pour dynamiser votre capital tout en le sécurisant. Celles-ci sont moins volatiles que les UC boursières, mais elles ont un bien meilleur rendement que le fond en euros.

Ceci est un exemple. Libre à vous de composer votre portefeuille comme vous le souhaitez. Vous pouvez utiliser plusieurs UC du même type : fonds structurés, SICAV, FCP, SCI, etc. Toutefois, vous devez absolument en utiliser plusieurs afin de diversifier un maximum votre portefeuille.

Dynamique

Le profil dynamique correspond aux investisseurs possédant de l’expérience sur les marchés financiers. De plus, ceux-ci ont bien connaissance des risques auxquels ils s’exposent. Ce profil expose le plus l’investisseur au risque. De ce fait, c’est également le plus rentable si le portefeuille est correctement réparti.

Certains vont même jusqu’à placer leur capital uniquement en unités de compte. Dans ce cas, votre portefeuille doit être diversifié et équilibré entre les UC immobilières et boursières. Vous utilisez plusieurs UC de chaque type, parmi les fonds structurés, les fonds obligataires, les OPCVM, les SCI, SC, SCPI, etc.

Je vous partage, à titre d’exemple, une allocation de capital en assurance vie adapté à un profil dynamique :

Graphique représentant l'allocation d'un portefeuille d'assurance vie d'un profil dynamique : 12,5% fond structuré A, 12,5% fond structuré B, 12,5% SICAV, 12,5% FCP, 12,5% SCI, 12,5% SC, 12,5% SCPI, 12,5% OPCI

Dans cet exemple de portefeuille dynamique, le fond euro n’est pas utilisé et le capital a été réparti seulement sur des unités de compte. Toutefois, rien ne vous empêche de garder une part en fond en euros et de répartir le reste sur des unités de compte.

Un portefeuille dynamique doit être diversifié et équilibré afin de diminuer le plus possible les risques de perte. En effet, les unités de compte ne garantissent pas votre capital.

Exemple concret : mon portefeuille d’assurance vie

Maintenant que vous savez comment procéder à l’allocation de votre capital sur votre contrat d’assurance vie, je vais vous dévoiler la répartition que j’ai choisie pour le mien. Si l’on suit la logique des profils d’investisseur, j’ai opté pour un portefeuille dynamique. Cependant, j’ai choisi des unités de compte comportant des garanties et respectant ma stratégie.

Je vous partage les types d’UC que j’ai utilisés, mais pas leurs désignations exactes. En effet, ces dernières peuvent varier en fonction de l’évolution des marchés et de la clôture des fonds. D’ailleurs, la répartition de mon portefeuille évolue régulièrement.

Sans plus tarder, voici l’allocation de mon contrat d’assurance vie :

Graphique représentant l'allocation de mon portefeuille d'assurance vie (profil dynamique) : 48,4% fond structuré, 21,5% SCI, 30,1% SC

Vous pouvez constater l’absence de fond en euros. En effet, celui-ci ne correspond pas à ma stratégie, car son rendement est faible et il baisse chaque année. Toutefois, les 2 UC immobilières ont un niveau de risque de 3/7 et le fond structuré a un niveau de risque de 5/7. La répartition entre UC immobilières et UC boursières étant bien respectée, les risques sont relativement bien lissés.

De plus, la date de constatation du fond structuré est journalière après 1 an de placement et le seuil du remboursement anticipé est dégressif chaque année. C’est pour cela que je l’ai choisi. En effet, je pense qu’il y a peu de chances que ce fond aille jusqu’à l’échéance finale de 10 ans. De ce fait, il y a une forte probabilité que le remboursement anticipé soit déclenché.

Bien entendu, cette répartition sera amenée à évoluer dans le temps, car le fond structuré à une durée de vie limitée. De plus, j’effectuerai des arbitrages si un ou plusieurs fonds ont de mauvaises performances sur une longue période.

Pour conclure

Une bonne allocation de votre capital sur votre assurance vie est primordiale afin de concilier rentabilité et sécurité. Cependant, celle-ci varie en fonction du profil d’investisseur que vous choisissez. Celui-ci peut tout à fait évoluer au fil du temps. D’ailleurs, à mes débuts, j’avais un profil prudent alors qu’aujourd’hui, j’ai basculé sur un profil dynamique.

Personnellement, je trouve qu’en plus de diversifier vos unités de compte, il est important de les équilibrer entre UC boursières et UC immobilières. En effet, ces dernières sont généralement moins volatiles et donc moins risquées que les premières. Néanmoins, leur rendement est plus élevé que le fond en euros et il peut dans certains cas rivaliser avec celui des UC boursières. Dans tous les cas, vous devez diversifier votre répartition pour limiter les risques de perte.

J’espère que les exemples d’allocation vous ont permis de comprendre la différence entre les 3 profils d’investisseur qui existent. Cependant, ce sont des exemples que vous ne devez pas copier bêtement. En effet, il existe énormément de possibilités de répartition. Celle-ci doit correspondre à votre stratégie et aux risques que vous êtes prêt à prendre.

N’hésitez pas à faire appel à un bon conseiller en gestion de patrimoine afin de déterminer votre profil investisseur. De plus, il vous établira un portefeuille sur mesure. Toutefois, ne vous reposez pas trop sur lui. Vous devez tout comprendre avant de vous engager. Personnellement, je fais appel à un conseiller en gestion de patrimoine pour bénéficier de ses produits. Il me les propose, je les sélectionne ou pas, je procède à l’allocation de mon portefeuille, puis nous validons ensemble pour qu’il fasse l’arbitrage.

Dites-moi en commentaire quel est votre profil d’investisseur et si vous établissez vous-même votre portefeuille ou si vous faites appel à un conseiller en gestion de patrimoine.

Disclaimer : Ce contenu ne fait pas l’objet de conseil en investissement. Investir comporte des risques dont vous êtes responsable.

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6 commentaires

  1. J’ai un peu de mal avec la notion de risque des banquiers. Ils considèrent les fonds euros comme peu risqué alors que le rendement est inférieur à l’inflation (comme tu as dit en introduction). Donc pour un banquier, si tu dis que tu es prudent, il va te mettre sur un fond euro pour lequel tu es SUR de perdre de l’argent… En fait, pour eux, risqué = volatilité. Pour moi risqué = probabilité de perte de capital.
    Donc d’après moi et d’après les études boursière, pour avoir un risqué de perte le plus faible, il faut avoir un fond « dynamique » comme tu le présente, acheter régulièrement et ne jamais vendre pendant au moins 10 ans. Ça c’est pas risqué 😁

    1. La notion de risque des banquiers ne fait qu’alimenter la croyance que la volatilité induit le risque. Le fond en euros n’est, en réalité, pas garanti à 100%. Lorsque la Grèce a fait faillite, des épargnants dont le fond en euros était basé sur des obligations grecques ont perdu beaucoup d’argent. L’autre problème est que la gestion de patrimoine n’est pas le métier d’un banquier. Ils prennent donc beaucoup de précautions car ils ne maîtrisent pas toujours le sujet. De plus, les assurances vie des banques ne sont vraiment pas compétitives. Pour ma part, je les fuis.
      Je relativise les niveaux de risque des unités de compte. Personnellement, je ne suis pas friand de SICAV. Par contre avec mon portefeuille partagé entres UC immo et UC boursières (fond structuré), j’arrive à sortir un bon rendement et à faire tourner mon capital. Et je n’ai franchement pas l’impression de prendre des risques. Par contre, mes critères de sélection sont stricts.

  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi, je préfère diversifier, car les probabilités sont plus grandes et en même temps être équilibré, ainsi à long terme, on prépare bien la retraite, merci pour le partage.

    1. La diversification, c’est le nerf de la guerre. Si une valeur plonge, elle est potentiellement rattrapée par les autres. Les investissements doivent s’envisager sur le long terme afin de diminuer les risques de perte.

  3. Bonjour Julien,
    Très bon article, nous n’avons toujours pas réussi a faire une bonne allocation de notre assurance vie. Ce n’est pas faute d’essayer mais nous n’avons pas totalement la main dessus et c’est une catastrophe…
    Il y a des chances pour qu’on la solde pour repartir de zéro, ton article sera très important à ce moment la!

    Bonne continuation,

    1. Bonjour Fabien,
      Tout d’abord, à mon sens, il n’est pas judicieux d’ouvrir un contrat d’assurance vie en banque. En effet, les frais sont élevés et les produits proposés n’ont pas des rendements optimaux. De plus, l’investissement n’est pas le métier d’un banquier. Si besoin, sollicite un conseiller en gestion de patrimoine. Certains ne sont pas rémunéré à l’heure (le mien par exemple) et pourra bien t’expliquer ses produits. Ensuite, libre à toi de les sélectionner ou pas. A mon sens, il faut garder la maîtrise, et la répartition du capital ne doit pas être imposée par un banquier ou un CGP.
      Si tu prévois de solder ton contrat, ouvre le nouveau le plus tôt possible afin de lancer le décompte des 8 ans. Si le contrat que tu veux solder a plus de 8 ans, n’est-il pas judicieux de le conserver avec le minimum dessus afin de conserver l’avantage fiscal ? Une fois que le nouveau aura atteint ses 8 ans, l’ancien pourra être fermé.

      Bonne continuation dans tes investissements 😉

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